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Le verbe des astres
Origine et histoire de l'astrologie
Cette série sur l'histoire de l'astrologie a été rédigée par 
Robert Dürrenberger
Astrologue-Consultant RH
 
 

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Le Verbe des Astres - Chapitre I

Ami lecteur, 
Le 21 mars prochain, à l'équinoxe de printemps, l'année astrologique prendra son nouvel  essor; le Soleil poursuivra sa ronde sur l'écliptique, ceinture astronomique de 17° de largeur définissant le chemin de l'astre dans l'Univers devant la sphère des constellations fixes, tel que nous pouvons l'observer depuis la Terre, notre centre.  Le Soleil fera à nouveau défiler les jours de nos vies devant les figures emblématiques du Zodiaque, ce ruban symbolique créé par la division des 360° de l'écliptique en douze signes de 30° chacun. Ce sera d'abord le premier degré du signe du Bélier qui se lèvera au point vernal, évoquant par sa fougue les forces vitales jaillissantes du printemps, du grand retour de la Vie. Il sera suivi par le Taureau, puis tous les autres signes que nous aurons l'occasion d'évoquer jusqu'au temps des Poissons qui boucleront le cycle. Source matérielle de toute vie sur notre planète, le Soleil éclaire et réchauffe nos jours, au rythme des saisons gouvernées par les axes solsticiaux et équinoxiaux. Madame la Lune, chère aux enfants et aux poêtes,  satellite de la planète Terre, tourne autour de nous en 28/29 jours, frappant notre imagination par ses formes changeantes, du premier au dernier quartier, éclairant nos nuits d'une lumière bleutée, ou nous plongeant dans la plus noire obscurité selon son cycle. Absente ou présente, elle exerce  son influence sur les océans et les mers, créant la grande respiration des marées. Elle gouverne notre vie psychique et tout ce qui est matriciel selon le symbolisme de l'eau. De temps immémoriaux, les hommes furent fascinés par le spectacle offert par l'astre des nuits, et son mystère donna lieu à l'élaboration de nombreux mythes souvent liés à la gestation ou au voyage de l'âme. Le plus fort des mythes soli-lunaire est sans doute celui d'Osiris (Soleil) dont Seth enferme le corps dans un cercueil à ses exactes dimensions (lorsque la Lune crée une éclipse totale de Soleil) puis le démembre et en disperse les morceaux qui seront recherchés par Isis, la grande déesse. Mais le Soleil ne peut que ressusciter en la personne d'Horus, le Fils dont le char parcourt à nouveau la voûte céleste de l'Orient à l'Occident, jour après jour, jusqu'à la fin des temps... Les documents archéologiques les plus anciens laissent supposer que l'Astrologie, ou «Verbe des Astres», science sacrée, est apparue déjà à la Protohistoire, car indéniablement les hommes de cette époque  surent déterminer avec précision la position du Soleil à son lever aux différentes époques - équinoxes et solstices. Les   grands sites solaires mégalithiques de Stonehenge et autres sont là pour témoigner d'une connaissance certaine, connaissance dont nous retrouvons les traces sur les sites babyloniens vieux de 5'000 ans. 
Dans son ouvrage fort bien documenté "Histoire de l'Astrologie", Serge Hutin fait remonter à environ 26'000 ans (?) avant l'Ère chrétienne l'origine du Zodiaque. C'est à cette époque lointaine que les constellations auraient été nommées, donc rendues vivantes, puisque selon la Genèse c'est en nommant les êtres et les choses qu'on les appelle à l'existence. 
A ces époques lointaines, le sens du sacré  dominait, l'homme se sentait lié aux forces de l'Univers dont il voyait bien que dépendait sa vie. On ne peut donc parler d'Astronomie au sens moderne du terme, en ce qui concerne la recherche de ces précurseurs qui observaient la voûte étoilée en apprenant à distinguer les corps célestes mouvants des astres fixes. Ils donnaient à cet Univers géocentrique une valeur symbolique, archétypique, en relation avec les événements touchants les Rois et les peuples. C'est donc bien d'Astrologie qu'il s'agit, au sens étymologique du terme, car : Astrologie =  Astro  et Logos, le Verbe. Soit "le langage des Astres", dans le sens de connaissance, de jugement; c'est pourquoi l'on parle encore aujourd'hui d'astrologie "judiciaire". 

à suivre
Robert Dürrenberger, Astrologue-consultant RH
I / Journal de Morges, vendredi 30 janvier 1998
 

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Le Verbe des Astres - Chapitre II

Ami lecteur, 
Nous avons vu dans le premier article l’ancienneté de la science astrologique qui se confondait à l’époque avec l’astronomie. Les savants de ces temps reculés observaient le ciel, notaient tout ce qu’ils remarquaient et en tiraient des conclusions, tout comme nos scientifiques  d’aujourd’hui. Les astres étaient considérés comme des dieux et des déesses qui s’occupaient du gouvernement des hommes, plus précisément des peuples et des Rois. Les calculs astronomiques permettaient donc de connaître le cours des astres, de calculer conjonctions, éclipses et oppositions et d’en déduire des conclusions prédictives. Nos connaissances actuelles démontrent que c’est à Babylone que fleurissait cet Art bien des siècles avant JC. Environ  4000 tablettes furent retrouvées lors des fouilles de Ninive; elles appartenaient vraisemblablement à la bibliothèque du grand roi Assurbanipal (668-626 BC). Ces tablettes contiennent  des prédictions astrologiques basées sur des observations vieilles alors d’environ 2000 ans. Tout laisse supposer qu’elles ont  été traduites  du sumérien, langue du peuple qui occupa la Vallée des Deux Fleuves, la Mésopotamie, avant l’arrivée des Babyloniens, vers le troisième millénaire avant notre ère. Il est possible qu’une partie de cette collection ait été crée pour le roi Sargon l’Ancien. Ces vieilles tablettes nous révèlent une astrologie totalement consacrée à la prédiction des événements collectifs. En voici un extrait significatif : "Mercure est visible. Quant Mercure est visible au mois de Kislon, il y a des voleurs dans le pays..." 
Les plus vieilles tablettes ou pierres gravées nous montrent des caractères cunéiformes décrivant des phénomènes astronomiques simples, éclipses de Lune, mouvements des planètes, prédictions de famine ou d'abondance, de guerre ou de paix. 
Ce sont les Chaldéens qui apportèrent une contribution décisive à l’astronomie. Ils semblaient posséder des connaissances mathématiques et astronomiques supérieures. Ils avaient établi un calendrier précis et maitrisaient dès le Vème siècle BC la notion de zodiaque, élément fondamental de l'astrologie individuelle. C’est ainsi que le plus vieil horoscope personnel date de  410 BC, il a été établi pour le fils du roi Shuma Usur qui était né au mois d’avril de cette même année. 
Bien plus tard, à  l'époque de l'Empire romain, le nom des Chaldéens deviendra peu à peu synonyme d'Astrologue.Leur science se répandit partout, de l’Orient à l’Occident. En Inde, elle pénétra alors que la doctrine bouddhique commençait à se répandre (env. de 560 à 480 BC).  En Chine, alors que la pensée de Confucius se propageait parmi la population (env. 551-479 BC) De l'Anatolie à la Perse, en Asie, en Amérique centrale (Maya, Aztèques), les hommes portèrent leur intérêt sur la science astrologique. Les planètes Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, observables à l'oeil nu, y devinrent, avec la Lune et le Soleil,  des divinités aux noms et aux attributs divers.Nous ne terminerons pas ce chapitre sans rendre hommage au Prince des Astrologues, Claude Ptolémée, (vers 140 de notre ère). Auteur du plus fameux traité d'Astrologie, le Tetrabiblos, dans lequel se trouvent codifiés tous les principes de l'Astrologie grecque, Ptolémée est l’auteur du système astronomique portant son nom. 

à suivre
 
Robert Dürrenberger, astrologue-consultant RH
II / Journal de Morges, mardi 3 mars 1998
 

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Le Verbe des Astres - Chapitre III

Ami lecteur, 
Nous avons, dans notre dernier article, rendu hommage au Prince des Astrologues, Claude Ptolémée, auteur du Tetrabiblos (les quatre livres) codification des bases de l’astrologie traditionnelle. Rappelons que Claude Ptolémée était un grand astronome qui a laissé à la postérité un système de représentation du cosmos. Il passa une grande partie de sa vie à Alexandrie (rappelez-vous la célèbre bibliothèque qui devait contenir des trésors d’écriture inouis, malheureusement disparus dans le grand incendie) et il enrichit considérablement l’astrologie par son étude rigoureusement scientifique du cosmos et des corps célestes dans leurs mouvements. 
Grand admirateur d’Hipparque, dont nous devons parler plus loin, Ptolémée établit la distinction très nette entre l’astronomie, science qui étudie les mouvements des astres, et l’astrologie, la science qui interprète l’influence et les effets de ces mouvements sur le comportement humain. 
Avant de survoler l’histoire de l’astrologie durant les  20 derniers siècles, évoquons la personnalité et l’oeuvre d’Hipparque de Nicée, astronome et mathématicien de très grande valeur qui vécut au Iième siècle avant JC.  Il établit un catalogue de plus de mille étoiles, avec leurs coordonnées exactes, découvrit le mécanisme des équinoxes (nous venons de franchir l’équinoxe du printemps, qui a eu lieu très exactement le 20 mars à 20h), étudia le mouvement apparent de la Lune et du Soleil. Pour l’astrologie, il détermina des corrélations précises entre les signes du zodiaque et les différentes parties du corps humain (par exemple le Bélier pour la tête, le Lion pour le coeur) et approfondit la théorie qui veut que tout phénomène terrestre ait sa correspondance dans le cosmos, en vertu de cette loi bien connue des initiés, gravée sur la Table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour faire les miracles d’une seule chose. Et... ». Hipparque affirma également que le fonctionnement du corps humain est le reflet du mécanisme du cosmos. 

Hipparque était grec, Ptolémée en Egypte, qu’en fut-il de Rome ? C’est par une victoire romaine au temps des guerres puniques, que l’astrologie, née dans les provinces orientales,  pénétra à Rome. Les astrologues étaient alors appelés Chaldéens et bénéficiaient d’une renommée flatteuse. Les écoles philosophiques s’intéressaient à cette connaissance dont les principes leur semblaient liés à ceux d’autre sciences pratiques. Médecine, alchimie, botanique, minéralogie.  A cette époque, l'astrologie se vulgarise, devient science de divination au main des charlatans de l'époque, prêtant dès lors le flanc à la critique des modernes. Mais parallèlement, en tant qu'Art Royal, science sacrée, l'Astrologie entre dans le courant ésotérique, ses conquêtes sur le plan spirituel de la Connaissance étant dès lors réservées aux seuls initiés. C'est ainsi que la transmission d'une astrologie épurée s'est faite jusqu'à nos jours, au travers des grands courants traditionnels par les esprits les plus avancés de leur époque.
Dans le prochain article, nous verrons la relation de l’astrologie avec le christianisme, au cours des premiers siècles, puis du Moyen-Age à la renaissance.

à suivre
Robert Dürrenberger Astrologue-Consultant RH
III / Journal de Morges, vendredi 27 mars 1998
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